Lobby pour des soins de santé universels et accessibles

Cette semaine, deux représentants du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP-Québec ont participé aux journées de lobby de la Coalition canadienne de la santé sur la colline parlementaire à Ottawa. L’objectif de ces trois jours était de sensibiliser les députés et les sénateurs aux enjeux nationaux en matière de santé et de connaître leurs points de vue. Nous avons eu la chance d’aborder quatre sujets précis avec des députés conservateurs, libéraux, bloquistes ainsi qu’avec des sénateurs. Premier sujet Êtes-vous d’accord pour dire que le gouvernement fédéral ne devrait pas réduire les dépenses en soins de santé, qu’il s’agisse de compressions d’emplois dans la fonction publique ou d’une réduction du Transfert canadien en matière de santé aux provinces et aux territoires? En effet, le gouvernement Carney a annoncé des coupes d’un milliard de dollars dans le budget de Santé Canada pour les trois prochaines années. Il a déjà décrété la suppression de 1 000 emplois d’experts en promotion et en gestion de l’assurance maladie, en salubrité alimentaire ainsi qu’en réglementation des médicaments et des appareils médicaux. De plus, le gouvernement fédéral prévoit réduire les transferts aux provinces à compter de 2028-2029. Deuxième sujet – Loi canadienne sur la santé Êtes-vous d’accord pour dire que le gouvernement fédéral devrait appliquer pleinement la Loi canadienne sur la santé, y compris suspendre les transferts fédéraux aux provinces et aux territoires qui ne respectent pas les principes d’accès aux soins de santé pour tous, sans obstacle financier? Le budget fédéral prévoit 5 milliards de dollars pour les infrastructures de santé, notamment les hôpitaux. Êtes-vous d’accord pour dire que ces fonds devraient soutenir notre système public de santé, et non des fournisseurs privés à but lucratif? Nous croyons qu’il est essentiel que les budgets accordés par le gouvernement fédéral respectent les principes fondamentaux d’universalité et d’accessibilité prévus à la Loi. Nous ne voulons pas que ces sommes se retrouvent dans la colonne des profits des entreprises privées. Troisième sujet – Assurance médicaments Êtes-vous d’accord pour dire que le gouvernement fédéral devrait poursuivre la mise en place d’un programme national universel d’assurance médicaments, en intégrant les autres provinces et territoires et en finançant la couverture publique des médicaments essentiels sur ordonnance? Pour le Québec, nous soutenons un régime universel et entièrement public. Quatrième sujet Convenez-vous que les travailleuses et travailleurs de la santé de première ligne devraient participer davantage à la recherche de solutions aux défis auxquels fait face le système public de santé, à tous les niveaux? Sur ce point, toutes les personnes rencontrées ont reconnu qu’il était impératif d’écouter et de soutenir le personnel du réseau de la santé. Seule la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, a refusé de nous rencontrer. Enfin, ces journées ont permis des échanges cordiaux et constructifs avec nos élus à Ottawa. Bien que des désaccords puissent survenir, toutes les personnes rencontrées ont démontré une sensibilité aux enjeux liés aux soins de santé au pays. Alexa Lachaine et Patrick Hallé Pour plus d’informations sur la coalition : https://www.healthcoalition.ca/fr/
Les proches que vous ne verrez pas au réveillon

Pendant que les lumières s’allument dans les salons, que les tables se remplissent de pâtés, de dinde, de farce et d’atocas, et que les familles se rassemblent pour célébrer Noël et le Jour de l’An, des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux enfilent leur uniforme et prennent le chemin du travail. Pour eux, le temps des Fêtes n’est pas synonyme de pause. Il rime avec quarts de soir, de nuit, de fins de semaine et avec des réveillons passés à l’hôpital, en CHSLD, en centre jeunesse, en résidence ou en soutien à domicile. Nous avons rencontré quelques-unes de ces personnes, provenant de différents milieux, afin qu’elles nous partagent leur réalité et leur expérience. Des noms fictifs ont été utilisés afin de préserver leur anonymat. Juliette Technologue en imagerie médicale à l’urgence Travailler pendant les Fêtes est souvent très marquant, autant sur le plan humain que professionnel. Les équipes sont réduites, les patients souvent plus vulnérables, seuls ou en grande détresse, et la pression demeure constante. Il faut maintenir un haut niveau de rigueur malgré des ressources limitées et une charge émotionnelle importante. La charge de travail est différente, mais fréquemment plus lourde. Le volume de demandes reste élevé et les cas sont souvent plus complexes. L’imagerie médicale est une étape incontournable pour poser un diagnostic et orienter la prise en charge des patients. Les urgences ne prennent pas congé, peu importe la période de l’année. Malgré tout, il y a une grande fierté à assurer la continuité des soins quand tout le reste s’arrête. Sans les technologues en imagerie médicale, la médecine ne pourrait pas fonctionner comme elle le fait aujourd’hui. Savoir que notre travail est essentiel donne un réel sens à notre présence, même pendant les réveillons. La reconnaissance, toutefois, n’est pas toujours au rendez-vous. Plusieurs ressentent un manque d’écoute et de compréhension de leur réalité. Ce qui ferait une réelle différence : une reconnaissance concrète de notre rôle, une écoute sincère de la part de la gestion et un suivi réel des enjeux soulevés. Le respect passe par la considération des conditions de travail, de la charge réelle et de l’expertise professionnelle. Pascale Intervenante en centre jeunesse J’accompagne des jeunes toute l’année, y compris pendant le temps des Fêtes, au prix de sacrifices importants dans ma vie personnelle et familiale. Lors des réveillons, la réalité est encore plus lourde : visites et sorties en famille, retours parfois chaotiques, détresse bien réelle. Pour certains jeunes, je suis la seule personne qu’ils verront et à qui ils parleront le 24 ou le 31 décembre. C’est exigeant, émotionnellement et humainement. Mais c’est aussi dans ces moments-là que l’on mesure à quel point notre présence est essentielle. Une responsabilité immense, qui donne un sens profond à notre travail et qui mérite enfin une reconnaissance à la hauteur. Jean Auxiliaire en santé et en services sociaux (ASSS) Ce qu’il y a de plus difficile, émotionnellement, à travailler le 25 décembre, c’est de constater la réalité des personnes qui sont seules pendant les Fêtes. On les voit attendre notre visite. Pour plusieurs, nous sommes leurs seules visites. Il y a aussi moins de personnel durant cette période. Lorsqu’un problème survient, il est plus difficile de joindre un autre professionnel de la santé. Nous sommes davantage laissés à nous-mêmes et devons exercer notre jugement clinique et prendre des décisions que nous n’avons pas à prendre habituellement. Pour les usagers, le temps des Fêtes est souvent synonyme d’anxiété et d’inquiétude accrues. Les changements d’horaire ou d’intervenant les amènent à se demander si quelqu’un passera les voir et s’ils recevront leurs soins. Notre travail est essentiel. Sans les services à domicile, plusieurs de ces usagers se retrouveraient dans les salles d’urgence des hôpitaux. J’aimerais ajouter que si l’on souhaite réellement miser sur les services à domicile, il faut davantage écouter les personnes qui y travaillent. Il est essentiel de reconnaître l’importance des ASSS et leur rôle, notamment en vertu de la Loi 90, en lien avec des actes médicaux habituellement réservés aux infirmières. Catherine Paramédic en soins préhospitaliers d’urgence (ambulance) Ce qui me marque, année après année, c’est l’accueil des gens à cette période de l’année. J’ai souvent eu la chance d’intervenir lors de partys de famille pour des situations plus ou moins graves. Les gens sont généralement contents de nous voir, l’ambiance est conviviale, la musique du temps des Fêtes allège nos interventions et nous tentons, du mieux que nous le pouvons, de marquer positivement leur soirée. Le temps des Fêtes demeure toutefois une période où le rythme est souvent plus intense. Je parlais de légèreté, mais mes collègues voient aussi l’autre côté de la médaille. Plusieurs personnes sont seules, et on observe davantage de difficultés psychosociales chez notre clientèle. Ce n’est pas une période heureuse pour tout le monde, et cela se reflète dans le type d’interventions que nous effectuons. Je suis fière de travailler durant ces journées. On ne cesse jamais de travailler fort, et je me considère chanceuse de pouvoir accompagner les gens dans des moments difficiles à cette période de l’année. Ce n’est pas facile pour tout le monde, mais nous demeurons un pilier pour la population, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La différence à ce moment-ci de l’année, c’est que les gens ont moins envie de nous voir arriver chez eux, alors ils appellent moins pour de petits « riens ». Toutefois, avec les rassemblements, les microbes circulent plus rapidement et nous sommes rapidement débordés par des éclosions de grippe, de gastro, de COVID, etc. J’ai déjà accompagné une dame qui a subi un AVC massif durant la nuit, la veille de Noël. Personne n’est à l’abri d’un tel événement. Dans ces moments-là, nous devenons la personne dont les gens se souviendront toute leur vie, alors qu’ils traversent une période de grande vulnérabilité et de détresse. L’essentiel
Bonne nouvelle concernant le régime d’assurance maladie de base!

Les membres du comité des assurances du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP sont heureux de vous annoncer que les primes d’assurance maladie de base du groupe 6000 (Beneva) n’augmenteront pas, ou très peu, pour l’année 2026 (voir tableau 1). Les changements apportés au régime au cours des dernières années ont porté fruit. Le régime optionnel d’assurance maladie complémentaire (option I) connaîtra une augmentation de 2,7 %. À titre d’exemple, la prime pour le plan familial passera de 11,41 $ à 11,72 $ par période de paie (deux semaines). De plus, pour les personnes qui bénéficient de l’option II (soins dentaires), la cotisation demeurera inchangée pour la prochaine année et un congé de prime pour une période de paie sera appliqué au mois d’avril 2026. Pour plus de détails, veuillez consulter le document qui vous sera remis par votre employeur. -Patrick Hallé
RREGOP : nouveaux taux en vigueur dès 2026

Une bonne nouvelle pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs du secteur public : la plus récente évaluation actuarielle (2025) confirme que le régime de retraite (RREGOP) est en bonne santé. Par conséquent, le taux de cotisation diminuera au cours des prochaines années. Taux de cotisation prévus (le taux était de 9,09 % en 2025) : Ces taux s’appliqueront à votre salaire admissible tel que défini par le régime. Voir : https://www.retraitequebec.gouv.qc.ca/fr/publications/rrsp/rregop/Pages/rregop.aspx#la-cotisation Les bons rendements des dernières années ont contribué à solidifier la santé financière du RREGOP, ce qui permet aujourd’hui de réduire le taux de cotisation de nos membres. De plus, pour les personnes à la retraite, le taux d’augmentation de l’indice des rentes (TAIR), utilisé pour calculer l’indexation des rentes du RREGOP, sera de 2 %. Voir : https://www.retraitequebec.gouv.qc.ca/fr/publications/rrsp/rregop/Pages/rregop.aspx#lindexationreajustement-de-la-rente Pour plus de détails, veuillez consulter le site de Retraite Québec.
Joyeux anniversaire Santé Québec

Joyeux anniversaire Santé Québec : yé! Le 1er décembre 2025 a été un triste jour. La réforme Dubé et la création de Santé Québec ont poussé ce qui restait du RSSS droit dans le précipice. Après trois réformes en moins de 20 ans, plusieurs lois adoptées sous bâillon et un gouvernement insolent, nous ne pouvons que constater l’échec face aux promesses. Malgré ce qu’en dira Geneviève « Top Gun » Biron, le bilan est catastrophique pour les employés du réseau. Certes, le nombre d’opérations en attente depuis plus d’un an a diminué, tout comme le nombre d’enfants en attente d’une évaluation par la protection de la jeunesse. Toutefois, nous constatons aussi une hausse à 900 000 patients en attente de voir un spécialiste, une stagnation des temps d’attente aux urgences ainsi qu’un manque criant de médecins. Vous souvenez-vous des promesses d’avoir un gestionnaire imputable dans chaque milieu, avec un réel pouvoir décisionnel? On assiste au contraire à une centralisation accrue, devenue la ligne directrice de cette PDG, sans compter une diminution marquée de la transparence. Nous sommes complètement à l’opposé des promesses faites à la population. Avec près d’un milliard de dollars de coupures, les 330 000 employés du réseau en ont payé le prix au cours de la dernière année. À peine remis du choc d’avoir traversé une pandémie mondiale, nos membres, toujours fragilisés, ont vécu une déshumanisation réelle des soins, causée par une surcharge de travail continue, mois après mois. D’un côté, on assiste à une augmentation des postes de cadres (alors qu’on nous en promet moins à chaque restructuration). De l’autre, sur le terrain, les travailleurs constatent une surcharge de travail toujours grandissante, qui entraîne une détérioration importante des climats de travail. Ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas de nouveaux gestionnaires, mais de personnel de première ligne pour offrir des soins et des services à notre population. Voici quelques enjeux vécus au cours des derniers mois : Nous devons malheureusement constater qu’un an plus tard, cette réforme bureaucratique n’a pas apporté les bénéfices promis. Pire encore, notre système de santé se dirige vers un système à plusieurs vitesses, intégrant sournoisement le privé par la porte d’en arrière. Les conditions de travail se détériorent de façon généralisée et bientôt, seuls quelques privilégiés pourront profiter pleinement et rapidement des services, contrairement aux moins bien nantis. Sophie Bibeau
It’s Santé Québec’s anniversary!

It’s Santé Québec’s anniversary. Whoop-dee-doo. December 1, 2025, was a sad day. The Dubé reform and the creation of Santé Québec has pushed what remained of the health and social services network right over the edge. After three overhauls in less than 20 years, laws enacted under closure, and a government with a haughty attitude, promises have clearly not been kept. The outcome has been catastrophic for employees in the network, regardless of what Geneviève “Top Gun” Biron would say. To be sure, one-year wait times for surgery have decreased, and fewer children are waiting to be assessed by youth protection. However, the number of patients still waiting to see a specialist has increased to 900,000, wait times in the emergency room haven’t budged, and there’s a critical shortage of doctors. Do you remember the promises about each workplace having an accountable manager with genuine decision-making power? To the contrary, more decisions are being centralized—Biron’s modus operandi—and transparency has decreased, exactly the opposite of what the public was promised. Faced with nearly $1 billion in cuts, the network’s 330,000 employees have paid the price over the past year. No sooner had we recovered from the shock of experiencing a worldwide pandemic than our workforce, still in a diminished state, was confronted with a genuine situation of care being dehumanized because of constant overwork month after month. One the one hand, the number of managerial positions is rising (even though a reduction in such positions was promised each time the network was restructured), while on the other hand, workloads also keep increasing, severely deteriorating conditions in the workplace. We don’t need new managers; what we need are frontline workers to deliver care and services to the public. Here are some of the issues we’ve seen in recent months: The sad fact is that one year has passed and we’re still waiting for the benefits promised by this bureaucratic reform. Even worse, our healthcare system is moving toward a multi-tiered system and surreptitiously letting in private pay through the back door. Working conditions are getting worse overall and soon, only a privileged few will have full and timely access to healthcare services, unlike their less privileged counterparts. Sophie Bibeau
Dernière chronique du 34e congrès de la FTQ
Voici ma dernière petite chronique du Congrès de la FTQ, qui s’est terminé le 27 novembre 2025: 145 résolutions ont été débattues, portant sur les enjeux sociaux, les lois et les politiques publiques, l’emploi, l’équité, la sécurité au travail, les actions féministes et bien plus encore.Je ne pourrai pas vous parler de toutes, mais voici celles qui ont été adoptées et que je souhaitais vous partager : • Protéger le réseau public de la santé et des services sociaux : nous avons voté pour que la FTQ poursuive ses efforts afin de contrer toutes formes de privatisation et réclame un réinvestissement massif dans nos services publics. • Projet de loi 101 — pour l’égalité des protections en SST : nous avons voté pour que la FTQ exige que le personnel des secteurs de la santé et de l’éducation soit intégré sans délai au régime de prévention prévu par la CNESST. • Régime public d’assurance médicaments : que la FTQ réaffirme son appui à la création d’un régime public, universel et entièrement financé par l’État, couvrant les médicaments sous ordonnance pour l’ensemble de la population québécoise. • Accès à un médecin de famille : que la FTQ milite activement auprès du gouvernement du Québec pour améliorer l’accessibilité à un médecin de famille pour toute la population. • Résolutions en éducation : notamment un investissement accru en soutien scolaire pour les élèves en difficulté et des actions pour contrer les violences vécues dans le milieu scolaire par les travailleuses et les travailleurs. • Signes religieux : les membres ont voté pour que la FTQ s’oppose à l’interdiction des signes religieux, notamment dans les réseaux de l’éducation et de la petite enfance, puisqu’il est démontré que ces signes n’influencent aucunement la liberté de conscience des élèves. • Logement : un droit, pas un privilège : trois résolutions importantes ont été adoptées;– que la FTQ organise une journée d’action nationale sur la crise du logement;– qu’elle revendique des mesures structurantes pour contenir la hausse des loyers;– et qu’elle s’implique dans la défense du droit des personnes aînées à un logement convenable. • Évasion fiscale : que la FTQ dénonce les stratagèmes permettant l’évasion fiscale ainsi que les pertes importantes qu’elle engendre. • Journée nationale de la vérité et de la réconciliation : il a été voté que la FTQ et ses syndicats affiliés exhortent le gouvernement du Québec à ajouter le 30 septembre comme jour férié, tel qu’adopté dans toutes les autres provinces. Et finalement, trois résolutions féministes : • Droit à l’avortement : que la FTQ réaffirme ses positions de 2010 et 2019 en faveur d’un avortement libre et gratuit, accessible de façon universelle, sécuritaire et sans intimidation. Il est également demandé que la FTQ mobilise ses syndicats affiliés pour sensibiliser leurs membres, soutenir les campagnes pro-choix et participer aux actions visant à défendre et améliorer l’accès à l’avortement. • Reconnaissance de l’implication des femmes dans le syndicalisme : il a été résolu que la FTQ lance une campagne de valorisation pour briser l’isolement et encourager la relève féminine. Il est aussi prévu qu’elle organise une journée de réflexion sur les droits des femmes. • Protection des femmes s’exprimant sur les médias sociaux : les congressistes ont voté pour que la FTQ demande au gouvernement du Québec de renforcer les lois et les mesures visant à prévenir et sanctionner toute forme de cyberharcèlement, ainsi que de mettre en place une campagne nationale pour contrer le harcèlement sexiste et misogyne en ligne. D’autres résolutions ont aussi porté sur divers sujets comme : l’environnement, l’intelligence artificielle, la solidarité internationale avec l’Ukraine, le conflit à Gaza, et bien plus encore. En conclusion du congrès, forte de toutes ces résolutions, la FTQ réaffirme son engagement envers la défense des droits de la personne, la quête d’une plus grande justice sociale et la lutte pour l’affirmation du Québec. La FTQ invite ses membres à s’impliquer dans la vie politique sous toutes ses formes et à assurer une présence prépondérante des travailleuses et des travailleurs partout où se prennent des décisions en leur nom! Sophie Bibeau
Les petites chroniques du 34e Congrès de la FTQ — JOUR 4

Panel politique avec les chefs des partis de l’opposition : Ruba Ghazal, Québec solidaireNous vivons actuellement une dérive autoritaire du gouvernement de la CAQ. Crise du logement, itinérance… et ce gouvernement ne fait que déposer des lois sous bâillon, sans consultation réelle. Il cherche des boucs émissaires et il les a trouvés : les médecins, les immigrants et les syndicats.Ce que les gens veulent, c’est simplement vivre dignement, tout en étant capable de payer leurs factures.Diviser pour mieux régner : c’est exactement ce qu’il fait en ce moment.Le pouvoir n’est pas donné, il doit être repris dans la rue, le 29 novembre. Nous y serons! Pablo Rodriguez, Parti libéral du QuébecJe vois le mouvement syndical comme une force dans la société. On n’est pas toujours d’accord, et c’est correct : il faut simplement garder le dialogue ouvert, dans le respect. Les syndicats ne sont pas nos ennemis.Le gouvernement actuel divise, confronte et affronte.Le problème de fond, c’est que la CAQ veut tout contrôler sans consulter. Pascal Paradis, Parti QuébécoisQuand les travailleurs améliorent leur sort, c’est tout le Québec qui améliore le sien.Le gouvernement de François Legault fait de la politique de clivage, notamment envers les médecins et les syndicats. Contrairement aux principes démocratiques, il cherche à imposer ses idées par des lois.Quand le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne ne sont pas d’accord avec un projet de loi, ça en dit long. Il faut se battre contre tous les projets de loi qui visent à entraver la liberté d’expression.Une réforme, oui — mais en consultant, pas en muselant les organisations.Madame Magali Picard, il faut trouver les mots justes dans une stratégie efficace pour embarquer tout le monde, incluant la population. Magali PicardLa véritable démocratie, c’est lorsque nous sommes tous là pour la justice sociale.Je suis là pour défendre le monde ordinaire.Je ne mettrai pas un genou à terre.On ne m’empêchera jamais de m’exprimer librement : je vais être une méchante lionne!Je vais vous suivre à l’Assemblée parlementaire pour que vos bottines suivent vos babines. Allocution de Janie C. Béïque, première femme à occuper le rôle de présidente et cheffe de la direction du Fonds de solidarité de la FTQ.Elle présente ses trois objectifs majeurs :• le développement durable• la retraite• les rendements sociétaux Le Fonds a maintenant 40 ans et travaille pour une retraite décente, juste et équitable.Elle porte une cause qui lui tient profondément à cœur : la lutte contre la violence conjugale. Allocution du nouveau secrétaire général de la FTQ, Olivier CarrièreJe crois profondément en notre démocratie syndicale. Nous demandons des mandats, nous consultons, nous agissons, nous les exécutons, puis nous rendons des comptes.Les gouvernements devraient apprendre de nous.Continuons de nous battre contre la sous-traitance afin d’obtenir plus d’emplois de qualité.Nous voulons vivre dignement de notre travail! Allocution de Magali Picard, réélue par acclamationJe vis un rêve. Merci d’y croire encore.Merci de me pardonner mes écarts de conduite.À tous les représentants ici dans la salle et dans vos sections locales : vous êtes exceptionnels.Vous êtes encore là malgré la mauvaise presse et les méchancetés sur les réseaux sociaux.Vous êtes formidables, chacun d’entre vous!MERCI D’ÊTRE LÀ LE 29 NOVEMBRE. Nous avons passé presque toutes les résolutions (un peu plus de 150). Je vous en ferai un bref résumé en début de semaine prochaine.
Les petites chroniques du 34e Congrès de la FTQ, JOUR 3

La journée a commencé par une haie d’honneur pour accueillir Magali Picard. La déception était palpable après sa présentation en commission parlementaire. En effet, le ministre Boulet a utilisé tout son temps pour livrer un long monologue vide de sens. Il était clair qu’il n’avait aucune intention d’écouter ce que la présidente du plus grand syndicat au Québec avait à dire. Une fois de plus, l’arrogance de ce gouvernement pro-patronat a été mise en lumière. Magali était émue et à court de mots — elle qui est habituellement si loquace. C’était donc le moment parfait pour lui démontrer que nous sommes derrière elle, avec elle, et que nous l’appuyons pleinement. Cette femme d’une profonde humanité est une leader exceptionnelle, et nous en avons profité pour lui réitérer notre confiance à 100 % comme présidente de la FTQ. Le 29 novembre, nous serons TOUS là! Un moment fort de la journée : la déclaration politique sur le travail des personnes migrantes POUR LA FTQ, LA TRAVAILLEUSE MIGRANTE OU LE TRAVAILLEUR MIGRANT EST CELLE OU CELUI QUI OCCUPE UN EMPLOI SUR LE TERRITOIRE SANS DISPOSER D’UN STATUT MIGRATOIRE PERMANENT. La résolution a été adoptée à l’unanimité. Elle comprend plusieurs éléments essentiels : Un hommage a été rendu à Denis Bolduc, à l’occasion de son dernier rapport. Un homme reconnu pour sa bienveillance, sa gentillesse et son dévouement envers toutes et tous. Nous lui souhaitons une retraite pleinement méritée. La première bourse Johanne-Deschamps — une distinction honorifique créée pour souligner l’engagement exceptionnel d’une militante syndicale et féministe — a été remise à Jasmine Zarbatany, pour son engagement et son féminisme toujours renouvelés depuis dix ans. Enfin, Maryève Boyer, Nadia Aristyl et Nathalie Lapointe ont été réélues comme vice-présidentes représentant les femmes au Bureau de la FTQ. Tout cela s’ajoute aux nombreuses résolutions adoptées… dont je garde la cerise sur le « sundae » pour vendredi! Sophie Bibeau
Les petites chroniques du 34e Congrès de la FTQ à Québec – JOUR 2

25 novembre – Point fort de la journée : le vote sur la résolution d’urgence « Défense de l’autonomie syndicale et du droit d’action politique ». Avant tout, vous méritez un peu d’explications… La FTQ, la plus importante centrale syndicale au Québec avec plus de 600 000 membres, regroupe les sections locales québécoises des syndicats canadiens et internationaux affiliés au Congrès du travail du Canada (CTC), dont elle est la contrepartie au Québec. Les membres proviennent de tous les secteurs d’activités, publics et privés, de juridiction provinciale ou fédérale, et de toutes les régions du Québec. Plus du tiers sont des femmes. Le Congrès constitue l’instance la plus élevée de la centrale. C’est là que les grandes orientations, déposées sous forme de résolutions, sont débattues et adoptées (ou non) tous les trois ans. Toutes les actions de la FTQ, entre deux congrès, doivent s’inscrire dans le cadre des mandats démocratiquement adoptés par les personnes déléguées. Ces délégué(e)s sont désigné(e)s par les sections locales et par les conseils régionaux. Le Conseil général, les sections locales affiliées à la FTQ ainsi que les conseils régionaux peuvent transmettre des résolutions à la FTQ pour qu’elles soient discutées lors du Congrès. Pour être inscrites dans le Cahier des résolutions, elles doivent être soumises selon la procédure en place 45 jours avant l’ouverture du Congrès. Des résolutions d’urgence peuvent également être déposées en dehors des délais prescrits par les statuts, dans la mesure où leur urgence est démontrée. Le Congrès doit ensuite accepter par vote leur ajout. Au Congrès actuel, deux résolutions d’urgence ont été déposées. La première, qui concernait la défense de la Société canadienne des postes, a été adoptée à l’unanimité. Parlons maintenant de la deuxième résolution d’urgence. Après avoir rejeté fermement et à l’unanimité le projet de loi 3 du gouvernement de la CAQ, les délégué(e)s ont adopté une résolution visant à répondre à ces attaques et à défendre l’autonomie syndicale ainsi que la capacité d’action politique des syndicats. Pourquoi est-il aussi important de se mobiliser contre cette loi? Avec ce projet de loi, la CAQ insinue que les organisations syndicales manquent de transparence dans la gestion de l’argent de leurs membres. Pourtant, tous les budgets et états financiers des syndicats sont présentés, expliqués et adoptés au minimum une fois par année lors de l’assemblée générale annuelle. C’est cette même CAQ, qui accumule les scandales financiers les uns après les autres, qui voudrait maintenant donner des leçons de transparence? De plus, ce même gouvernement, qui refuse d’entendre les syndicats autonomes et indépendants en commission parlementaire, accepte volontiers d’entendre :• la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante,• la Chambre de commerce,• l’Institut économique de Montréal. Même le Barreau du Québec a exprimé ses inquiétudes concernant le projet de loi 3 (le 13 novembre). Aujourd’hui s’ajoute la voix de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse! RED FLAG. Excusez l’anglicisme, mais il est temps de nous réveiller face à ce gouvernement de mauvaise foi. Ouvrons les yeux pour protéger nos sociétés d’État, incluant notre système de santé… C’est pourquoi, le 29 novembre 2025, nous devons répondre massivement à l’appel : représentant(e)s syndicaux, membres, familles, ami(e)s et le public au grand complet. Nous devons prendre la rue pour permettre aux syndicats de continuer à promouvoir le progrès social et à protéger nos services publics. Le 29 novembre, 13 h 30, Place du Canada (1107, rue Peel, Montréal).C’est un moment historique. Assez, c’est assez. Solidarité,Sophie Bibeau