Info-Nego – March 23, 2026

Application of the CPI Indexation Clause – Collective Agreements 2026-2027-2028 During the most recent round of negotiations for the renewal of the collective agreement, the Common Front, within which the FTQ was negotiating, secured the addition of a genuine Consumer Price Index (CPI) indexation clause. This clause aims to protect the purchasing power of workers for the years 2026, 2027, and 2028. The year 2026 will be the first year in which this new mechanism may apply. What the collective agreement provides On March 31, 2026, each salary rate and scale effective on March 30, 2026 is increased by the variation in percentage between the annual average Québec consumer price index in 2025-2026 and the annual average Québec consumer price index in 2024-2025, reduced by 2.60 percentage points. The increase may not be greater than 1.00%. Publication of the CPI and retroactivity • The annual average CPI for 2025-2026 will be published on April 20. If the clause results in a salary adjustment, it will be: • Retroactive to March 31, 2026 • Paid within a maximum of 180 days following publication (therefore starting April 20) How the mechanism works On April 20, 2026, Statistics Canada will publish the CPI for March 2026. This will allow the negotiating parties to calculate the twelve month moving average CPI from April 2025 to March 2026 and compare its growth to that of April 2024 to March 2025. This comparison will determine whether the resulting inflation rate allows for a salary increase of at least 0.05% and at most 1.00% on March 31, 2026. For example: If inflation is 2.7%, this will result in a 0.1% salary increase on March 31, 2026. Each rate and salary scale will be increased by this percentage. This salary increase must be granted no later than 180 days after April 20, 2026. Stay informed As of April 20, the result will be communicated to you.
Info-Négo – 23 mars 2026

Application de la clause d’indexation à l’IPC – Conventions collectives 2026-2027-2028 Lors de la dernière ronde de négociation pour le renouvellement de la convention collective, le Front commun, au sein duquel la FTQ négociait, a obtenu l’ajout d’une véritable clause d’indexation à l’IPC. Cette clause vise à protéger le pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs pour les années 2026, 2027 et 2028. L’année 2026 sera la première année d’application potentielle de ce nouveau mécanisme. Ce que la convention prévoit Au 31 mars 2026, chaque taux et chaque échelle de salaire en vigueur le 30 mars (2026-2027-2028) est majoré de la variation en pourcentage entre la moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation au Québec en 2025-2026 et la moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation au Québec en 2024-2025, laquelle variation est diminuée de 2,60 points de pourcentage. La majoration ne peut être supérieure à 1,00% Publication de l’IPC et rétroactivité • La moyenne annuelle de l’IPC 2025-2026 sera publiée le 20 avril. Si la clause entraîne un ajustement salarial, celui-ci sera : • Rétroactif au 31 mars 2026 • Versé dans un délai maximal de 180 jours suivant la publication (donc à partir du 20 avril) Comment s’applique le mécanisme Le 20 avril 2026, Statistique Canada publiera l’IPC pour le mois de mars 2026, ce qui permettra aux parties négociantes de calculer la moyenne mobile de l’IPC sur douze mois, d’avril 2025 à mars 2026, et de mesurer sa croissance par rapport à celle d’avril 2024 à mars 2025, afin de déterminer si l’inflation ainsi obtenue permet d’augmenter les salaires d’au minimum 0,05% et d’au maximum de 1,00%, le 31 mars 2026. Par exemple : Si l’inflation est de 2,7%, cela donnera 0,1% d’augmentation salariale le 31 mars 2026. Chaque taux et échelle de traitement seront majorés de ce pourcentage. Cette majoration du salaire devra être octroyée au plus tard 180 jours après le 20 avril 2026. Demeurez à l’affût Dès le 20 avril prochain, le résultat vous sera communiqué.
Les projets de loi

Projet de loi 89 : Quand le renard garde les poules Le projet de loi n° 89 a été adopté le 29 mai 2025 (loi 14) par le gouvernement de François Legault. Cette loi permet au ministre du Travail de s’octroyer le pouvoir de contrôler notre droit de grève, sans même qu’il soit question de services essentiels. Tsé… quand un avocat patronal comme le ministre du Travail, Jean Boulet, veut modifier le Code du travail, on est en droit de se poser de sérieuses questions. Selon ce gouvernement, cette loi aurait pour objectif de « mieux protéger la population affectée par un conflit de travail ». L’argument du ministre Boulet consistait à rappeler que le Québec serait le champion incontesté et de loin des grèves au Canada. Selon lui, 91 % des arrêts de travail au pays auraient lieu dans la Belle Province. « C’est préoccupant. Il y a beaucoup de grèves qui ont des impacts malheureux sur le plan social, économique ou autre », a-t-il affirmé. Or, il est important de souligner que ces statistiques étaient totalement fausses et ont dû être révisées par Statistique Canada. Ce même ministre qui, sans aucune gêne, s’est octroyé une augmentation salariale de 30 % en juin 2023, faut-il le rappeler, ose aujourd’hui nous faire la morale. Lui, il n’a pas eu besoin de se faire geler sur un trottoir pour obtenir son augmentation de salaire… Quelle vision aux antipodes de la nôtre, mon cher M. Boulet! Les syndicats estiment qu’avant l’adoption de cette loi, les règles encadrant le recours à la grève permettaient de maintenir un équilibre essentiel dans le rapport de force entre les travailleuses, les travailleurs et les employeurs. Ils soutiennent que le ministre Boulet a tout bouleversé afin de restreindre le pouvoir de négociation des travailleurs au profit des patrons — ses clients. Cette nouvelle loi aura également des effets dans les milieux non syndiqués. En affaiblissant le rapport de force des travailleuses et travailleurs syndiqués, elle réduira la capacité de l’ensemble des travailleurs à obtenir de meilleures conditions. Encore un pas vers l’appauvrissement des plus vulnérables. Il faut stopper cette folie caquiste! Pourquoi recourir à la grève lorsque les négociations stagnent pendant des mois? Parce que 2022 a été l’année marquée par la plus forte inflation des 40 dernières années. Les travailleuses et travailleurs se battent pour contrer l’appauvrissement, pour des emplois de qualité et pour empêcher la privatisation et la sous-traitance de leurs emplois. Il n’y a rien de mal à revendiquer un emploi digne, décent et bien rémunéré. Pour contrer cette loi, les organisations syndicales se tournent maintenant vers les tribunaux. Il nous apparaît clair que les limites imposées au droit de grève ne résisteront pas à l’épreuve judiciaire. Les chartes canadienne et québécoise, tout comme la décision de la Cour suprême dans l’arrêt Saskatchewan, sont sans équivoque à ce sujet. Le droit d’association et le droit de négocier ses conditions de travail font partie intégrante des droits fondamentaux. Parlons un peu de NOUS Lors de la dernière ronde de négociations, le Front commun intersyndical en santé et en éducation, nous nous sommes battus. Nous avons exercé 11 jours de grève, dans le respect des services essentiels approuvés par le tribunal administratif du travail, en plein cœur de l’hiver. Il est important de se rappeler que cette bataille n’aura permis que de préserver nos conditions de travail et d’obtenir des hausses salariales qui permettent à peine de suivre le coût de la vie : 17,4 % sur cinq ans. Est-ce là un abus du droit de grève? Pourquoi ce gouvernement nous a-t-il forcés à sortir 11 jours pour en arriver là? Le véritable abus, n’est-il pas plutôt de nous y avoir contraints? Petite rétrospective des augmentations salariales dans les conventions collectives précédentes 2020–2023 • 2020 : 2 % • 2021 : 2 % • 2022 : 2 % 2016–2020 • 2015 : forfaitaire (0,30 $/h) • 2016 : 1,5 % • 2017 : 1,75 % • 2018 : 2 % • 2019 : forfaitaire (0,16 $/h) (Forfaitaire = aucune augmentation salariale réelle, seulement un montant ponctuel) 2011–2015 • 2010 : 0,5 % • 2011 : 0,75 % • 2012 : 1 % • 2013 : 1,75 % • 2014 : 2 % 2006–2009 • 2 % par année Avec la dernière négociation, nous avons obtenu une hausse qui suit minimalement l’indice des prix à la consommation. Nous sommes toutefois très loin du rattrapage salarial auquel nous avons droit. Et maintenant, on veut nous enlever notre principal moyen de pression? REALLY ? Projet de loi 3 : Et ce n’était pas suffisant… Et comme si ce n’était pas suffisant, voici ce même gouvernement qui arrive avec son fameux projet de loi n° 3, lui permettant de s’ingérer directement dans les affaires syndicales. Why not, coconut ? Tant qu’à y être… Est-il normal de ne pas pouvoir déménager parce que les loyers sont devenus inaccessibles ? Est-il normal de payer 10 $ pour du beurre ou un déodorant ? Est-il normal de ne pas avoir de médecin de famille depuis quatre ans ? Est-il normal de vivre d’une paie à l’autre, avec l’angoisse constante de ne pas arriver ? Avec le projet de loi n° 3, on cherche encore à affaiblir les « méchants syndicaleux » en imposant une cotisation syndicale facultative, autrement dit, en scindant la cotisation en deux : une partie obligatoire et une partie optionnelle. Qu’est-ce que ça mange en hiver ? Boulet, encore lui, prétend que les syndiqués devraient décider où va l’argent des cotisations… Pourtant, les syndicats sont parmi les organisations les plus démocratiques qui soient. La majorité des postes sont élus. Le pouvoir est réparti entre l’assemblée générale, le conseil syndical et l’exécutif. Les grandes orientations sont discutées et votées en assemblée générale, qui demeure l’autorité suprême. Chaque instance (sections locales, Conseil provincial des affaires sociales, SCFP) dispose de mécanismes rigoureux de reddition de comptes. Chaque année, les prévisions budgétaires sont présentées et votées, puis les bilans sont déposés et approuvés.
Upcoming Bills

Bill 89: Letting the fox guard the chicken coop Bill 89 was adopted on May 29, 2025 (Bill 14) by the government of François Legault. This legislation gives the Minister of Labour the power to control our right to strike, without considering essential services. You know… when a lawyer for the government, like the Minister of Labour, Jean Boulet, wants to amend the Labour Code, we are entitled to ask serious questions. According to this government, the purpose of this law would be to « better protect the population when there is a labour dispute. » Minister Boulet’s argument is that Quebec is the undisputed champion of strikes in Canada. According to him, 91% of the country’s work stoppages take place in La Belle Province. « It’s troubling. Many strikes have unfortunate social, economic, or other impacts. » he stated. However, it is important to point out that these statistics are completely false and were revised by Statistics Canada. You will remember, this minister was not embarrassed to grant himself a 30% salary increase in June 2023, and now he is lecturing us. He did not have to picket on a sidewalk to get his salary increase, did he? What a vision at the opposite end of the spectrum, my dear Mr. Boulet! The unions believe that before the adoption of this law, the rules governing the use of strikes made it possible to maintain an essential balance in the balance of power between workers and employers. They argue that Minister Boulet has turned everything upside down in order to restrict the bargaining power of workers to the benefit of the bosses — his clients. This new law will also have an impact on non-unionized environments. By weakening the balance of power among unionized workers, it will reduce the ability of all workers to obtain better conditions. Another step towards the impoverishment of the most vulnerable. We have to stop this CAQ madness! Why resort to a strike when negotiations are stagnating for months? Because 2022 was the year with the highest inflation in the last 40 years. Workers are fighting to address impoverishment, for good jobs, and to prevent the privatization and outsourcing. There is nothing wrong with demanding a dignified, decent, and well-paid job. To counter this law, the labour organizations are now turning to the courts. It seems clear to us that the limits imposed on the right to strike will not stand up to the legal test. The Canadian and Quebec charters, as well as the Supreme Court’s decision in Saskatchewan, are unequivocal on this point. The right of association and the right to negotiate one’s working conditions are an integral part of fundamental rights. Let’s talk a little about US During the last round of negotiations, the Inter-Union Common Front in Health and Education, fought hard. We went on strike for eleven days, while respecting the essential services approved by the Administrative Labour Tribunal, in the middle of winter. It is important to point out that this battle has only maintained our working conditions and provided wage increases that barely keep up with the cost of living: 17.4% over five years. Is this abusing the right to strike? Why did this government force us to go out for 11 days to get to this point? The real abuse isn’t that we have been forced to do so. A brief comparison of Wage Increases in previous Collective Agreements 2020–2023 • 2020 : 2 % • 2021 : 2 % • 2022 : 2 % 2016–2020 • 2015 : lump sum ($0.30/hr) • 2016 : 1.5 % • 2017 : 1.75 % • 2018 : 2 % • 2019 : lump sum ($0.16/hr) (Lump sum = no wage increase, only a one-time amount) 2011–2015 • 2010 : 0.5 % • 2011 : 0.75 % • 2012 : 1 % • 2013 : 1.75 % • 2014 : 2 % 2006–2009 • 2 % per year With the last negotiation, we obtained an increase that is at least in line with the consumer price index. However, we have not recouped the salary adjustment/catch-up we are entitled to. And now they want to take away our main means of pressure? REALLY? Bill 3: And it wasn’t enough… And as if it were not enough, this same government added its famous Bill 3, allowing the government to interfere in union affairs. Why not, coconut? While we’re at it… Is it normal not to be able to have a decent place to live because the rents are too high? Is it normal to pay $10 for butter or deodorant? Is it normal to wait four years for a family doctor? Is it normal to live from one paycheque to the next, with the constant fear of not having enough to pay the bills? With Bill 3, the attempt is to destabilize the « bad unionists » by imposing an optional union dues component, in other words, by splitting the dues in two: a mandatory part and an optional part. What is that all about? Boulet, again, claims that union members should decide where the dues money goes… Yet unions are among the most democratic organizations. The majority of positions are elected. Power is divided between the general assembly, the union council, and the executive. The main orientations are discussed and voted on in general assembly, which remains the supreme authority. Each jurisdiction (Locals, CPAS, CUPE) has rigorous accountability mechanisms. Each year, the budget forecasts are presented and voted, and the balance sheets are tabled and approved. Independent trustees (auditors) audit the books and send their reports to the national union. Major expenses must be authorized at a general meeting, and any member can consult the financial records and minutes on request. Take an interest in your unions. Ask questions. Get involved. There is always room for those who want to contribute. The « optional component » of the contribution touches on three fundamental dimensions: • Legal remedies to challenge legislation, particularly in the area of pay equity; •
Interview with Pierre-Guy Sylvestre — Bill #3

The filing of a memorandum by FTQ related to Bill #3 has generated several questions within our organization. To better understand the issues and potential implications, we reached out to Pierre-Guy Sylvestre, an economist and advisor at CUPE. A specialist in research, negotiations, and public affairs, he offers his insight into this controversial reform. The government justifies this project in the name of transparency in union governance. What, in your opinion, does not hold water in this argument? The unions are already transparent with their members, what the government is aiming at is to make the union structure more cumbersome and to destabilize it. In your opinion, what is the real objective of Bill #3? Attack union check-off by dividing the revenues related to dues. Alberta and U.S. states have used such reforms in the past, and the result has been lower unionization, lower wages, and higher workplace injuries and fatalities. Article 47 of the Labour Code is the result of trade union struggles and allows trade unions to be financed by stable incomes. Forcing unions to divide their revenues related to dues into a main and optional part will create discord and confusion among members, while exposing locals to fines that can run into tens of thousands of dollars. FTQ says that this is an interference in union democracy. Do you share this statement? Why? Indeed, I do. The unions are private organizations; they have no public funding. They are beholden to those who contribute to the union. CUPE local constitution, by-laws and internal affairs belong to its members. Who asked for this bill, who was consulted? The minister claims that he consulted the unions, but that is not true. No union would have asked for such a bill, it’s absurd. The law is illegal and the groups that support it are the Conseil du patronat, the Montreal Economic Institute and other conservative business groups. Fundamental rights must be respected; several lobbyists have ignored them. What risks do you see for industrial peace and the equity of the Labour Code? The provisions of the bill, which will probably be amended when the House resumes, provide that votes at meetings can no longer be held on the spot, and that all members will have to vote on the topics presented at these meetings, from 3 to 30 days after the meeting. This could make it more difficult to accept a tentative agreement because, according to union experience, a tentative agreement must be explained at length to be understood. There could be more labour disputes and more difficult settlements to obtain. Why is the division between the main contribution and the voluntary contribution considered problematic? Members are already voting for budgets that are detailed. If a union participates in a social movement, advertises or challenges the legality of a law in court, it will have to hold a meeting and have all the members vote for that specific budget. Then, the union will have to inform the employer to separate the contributions collected. This process must be done at least once a year, or whenever there is a change in the union’s agenda. The employer will then have to adjust the amount collected for the voluntary contribution and for the main contribution. Imagine all the Unions at Santé Québec changing their % of dues every year. Now imagine those same unions changing the percentage of each of the dues (principal and optional) once or several times per year. A disaster in the making. What would be the concrete consequences of this reform for the financing and capacity of the unions to operate? Members who are dissatisfied with the categorization of the shares into principal or facultative could ask the Court of Québec to sue their union to determine whether the main dues were wrongly used to finance an optional expense. The union will have to defend itself. Another member could then ask the Court of Quebec to sue his union if the defense is assumed by the main dues revenues and so on. How would the new requirements for annual votes and referendums be bureaucratic or unenforceable? Employers would have a hard time keeping up and members would be demobilized by having to constantly come back to assemblies when they voted on a budget. The bill restricts the use of union funds to challenge laws or government decisions. Why does the FTQ consider this dangerous? Yes. The separation of powers is important and guarantees the well-being of the population. A Prime Minister cannot decree what he wants or cannot adopt laws that would go against the Charters of Rights and Freedoms, and that is why the judiciary exists. What consequences could this have for the defense of workers’ fundamental rights? It would be weakened. Is there a risk that the unions will be unable to act as a democratic counter-power? This is the main issue here. The bill imposes mandatory 24-hour votes. How can this harm deliberative democracy in assemblies? The unions can have these compulsory votes adopted; it is their prerogative. We are denouncing the interference here. Does this measure open the door to employer interference in union decisions? Yes, the employer will have time to start fear campaigns and make threats. If this project is adopted, what will the unions have to do to adapt or resist? Contest in court because this law is illegal! What should the government do if it really wants to improve transparency? Mind its own business! What alternatives or modifications do you think would be acceptable or constructive? None! The FTQ is calling for the complete withdrawal of the bill. Do you share this position? Yes! Katia Idir et Patrick Hallé
Entrevue avec Pierre-Guy Sylvestre — Projet de loi no 3

Le dépôt du mémoire de la FTQ concernant le projet de loi no 3 a soulevé plusieurs questions au sein de notre organisation. Pour mieux comprendre les enjeux et les implications possibles, nous avons fait appel à Pierre-Guy Sylvestre, économiste et conseiller au SCFP. Spécialiste de la recherche, des négociations et des affaires publiques, il nous offre ici son éclairage sur cette réforme controversée. Le gouvernement justifie ce projet au nom de la transparence de la gouvernance syndicale. Qu’est-ce qui, selon vous, ne tient pas la route dans cet argument ? Les syndicats sont déjà transparents avec leurs membres, ce que vise le gouvernement est d’alourdir la structure syndicale dans le but de leur nuire. Selon vous, quel est l’objectif réel du projet de loi no 3 ? Attaquer le précompte syndical en divisant les revenus de cotisation. L’Alberta et des États américains ont eu recours par le passé à de telles réformes et le résultat a été une diminution du taux de syndicalisation, une baisse des salaires et une hausse des accidents de travail et des décès au travail. L’article 47 du Code du travail est le résultat de luttes syndicales et permet aux syndicats d’être financés par des revenus stables. Forcer les syndicats à diviser leurs revenus de cotisation en une partie principale et une autre facultative créera de la zizanie et de la confusion au sein des membres, tout en exposant les sections locales à des amendes pouvant aller à des dizaines de milliers de dollars. La FTQ affirme qu’il s’agit d’une ingérence dans la démocratie syndicale. Partagez-vous cette lecture ? Pourquoi ? Bien sûr. Les syndicats sont des organisations privées, elles n’ont pas de financement public. Ils sont redevables à ceux qui contribuent au syndicat. Les statuts, les règlements et les affaires internes des sections locales du SCFP appartiennent à ses membres. Qui a demandé ce projet de loi, qui a été consulté ? Le ministre prétend qu’il a consulté les syndicats, mais c’est faux. Aucun syndicat n’aurait demandé un tel projet de loi, c’est absurde. La loi est illégale et les groupes qui l’appuient sont le Conseil du patronat, l’Institut économique de Montréal et d’autres regroupements conservateurs affairistes. Les droits fondamentaux doivent être respectés, plusieurs lobbyistes l’ont ignoré. Quels risques voyez-vous pour la paix industrielle et l’équilibre du Code du travail ? Les dispositions du projet de loi, qui sera probablement amendé lors de la reprise des travaux, prévoient que des votes d’assemblées ne pourront plus se tenir séance tenante, et que tous les membres devront voter sur les sujets présentés lors de ces assemblées, de 3 à 30 jours après l’assemblée. Cela pourrait rendre plus difficile l’acceptation d’entente de principe car selon l’expérience syndicale, une entente de principe doit être expliquée de long en large afin d’être comprise. Il pourrait y avoir plus de conflits de travail et des règlements plus difficiles à obtenir. Pourquoi la division entre cotisation principale et cotisation facultative est-elle jugée problématique ? Les membres votent déjà pour des budgets qui sont détaillés. Si un syndicat participe à un mouvement social, fait de la publicité ou conteste devant les tribunaux le caractère légal d’une loi, il devra tenir une assemblée et faire voter tous les membres pour ce budget précis. Ensuite il devra informer l’employeur de séparer les cotisations perçues. Ce processus doit se faire au moins une fois par année, ou à chaque fois qu’il y a un changement dans l’agenda du syndicat. L’employeur devra par la suite ajuster le montant perçu pour la cotisation facultative et pour la principale. Imaginez tous les syndicats chez Santé Québec qui changent leur % de cotisation chaque année. Imaginez maintenant ces mêmes syndicats qui changerait le pourcentage de chacune des cotisations (principale et facultative) une fois ou plus par année. Une catastrophe annoncée. Quels seraient les effets concrets de cette réforme sur le financement et la capacité d’action des syndicats ? Les membres insatisfaits de la catégorisation des actions en principales ou facultatives pourraient demander à la Cour du Québec de poursuivre leur syndicat afin de déterminer si la cotisation principale aurait servi à tort à financer une dépense facultative. Le syndicat devra se défendre. Un autre membre pourrait alors demander à la Cour du Québec de poursuivre son syndicat si la défense est assumée par les revenus de cotisation principale et ainsi de suite. En quoi les nouvelles exigences de votes et de référendums annuels seraient-elles bureaucratiques ou inapplicables ? Les employeurs auraient du mal à suivre et les membres seraient démobilisés de devoir constamment revenir en assemblée alors qu’ils auraient déjà voté sur un budget. Le projet de loi limite l’utilisation des fonds syndicaux pour contester des lois ou des décisions gouvernementales. Pourquoi la FTQ considère-t-elle cela comme dangereux ? Oui. La séparation des pouvoirs est importante et garantit le bien-être de la population. Un premier ministre ne peut pas décréter ce qu’il veut où faire adopter des lois qui iraient à l’encontre des Chartes des droits et libertés et c’est pour ça que le pouvoir judiciaire existe. Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur la défense des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs ? Elle serait affaiblie. Y a-t-il un risque que les syndicats soient moins capables d’agir comme contre-pouvoir démocratique ? C’est l’enjeu principal ici. Le projet impose des votes obligatoires sur 24 heures. En quoi cela peut-il nuire à la démocratie délibérative en assemblée ? Les syndicats peuvent faire adopter ces votes obligatoires, c’est leur souveraineté. Nous dénonçons surtout l’ingérence ici. Est-ce que cette mesure ouvre la porte à une ingérence patronale dans les décisions syndicales ? Oui, l’employeur aura le temps de partir des campagnes de peur et faire des menaces . Si ce projet est adopté, que devront faire les syndicats pour s’adapter ou résister ? Contester devant les tribunaux car cette loi est illégale ! Que devrait faire le gouvernement s’il souhaite réellement améliorer la transparence ? Se mêler de ses affaires ! Quelles alternatives ou modifications seraient acceptables ou constructives selon vous ? Aucune ! La FTQ demande le retrait complet du projet de loi. Partagez-vous cette position ? Oui ! Katia Idir et Patrick Hallé
8 mars – L’égalité hommes-femmes, du chemin à faire
8 mars – L’égalité hommes-femmes, du chemin à faire À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, il est essentiel de rappeler que les luttes pour les droits des femmes sont toujours d’actualité. D’autant plus qu’en 2026, ce sont encore les femmes qui paient le prix des décisions politiques du gouvernement de la CAQ de François Legault. La discrimination envers les travailleuses de la santé et de l’éducation en vertu de la Loi 28 (projet de loi 101) En 2021, le gouvernement adopte la nouvelle Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST). Historiquement, les travailleuses du réseau de la santé étaient exclues des mesures de prévention en santé et sécurité du travail. La loi devait réparer cette injustice et leur permettre de bénéficier des mêmes protections que l’ensemble des autres travailleurs du Québec, en fonction du niveau de risque. À titre d’information, les travailleuses en centres d’hébergement, en hôpitaux ou en soins infirmiers sont classées au niveau 4 selon le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement, soit le niveau le plus élevé, équivalent à celui des industries de fabrication au Québec. Afin d’illustrer ce que cela représente en coûts pour la CNESST, voici quelques extraits de la table des taux pour 2026 : Le taux moyen pour l’ensemble des employeurs du Québec est de 1,54 $ par tranche de 100 $ de masse salariale. Les CHSLD ont un taux général de 4,46 $ par tranche de 100 $ de masse salariale. Cela représente un niveau de risque plus élevé que celui des travailleurs du secteur de l’entretien et de la construction des routes (pavage, garde-fous, etc.), qui est de 3,72 $ par tranche de 100 $. Or, en 2025, le ministre Boulet fait volte-face et décide de retirer ces mesures de prévention aux travailleuses des réseaux de la santé et de l’éducation avec l’adoption de la nouvelle Loi 28 (projet de loi 101). Cette loi réduit considérablement le rôle du comité paritaire en santé et sécurité du travail ainsi que celui de l’agent de prévention. Elle diminue également de façon drastique le temps minimal octroyé aux représentantes et représentants en SST pour accomplir leur travail. Par exemple, dans un établissement comptant 500 travailleuses, pour une représentante en SST, le nombre minimal d’heures allouées passe de 91 heures par mois à 68 heures par trois mois. La décision du ministre est d’autant plus troublante lorsqu’on considère qu’environ 30 % des accidents du travail reconnus par la CNESST au Québec proviennent des secteurs de la santé et de l’éducation, alors que ces travailleuses ne représentent que 12 % de l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise. Autre fait à noter : ce même gouvernement a conservé intégralement les mesures de prévention prévues à la LMRSST et au règlement pour les employés de l’État québécois dans d’autres secteurs à prédominance masculine. N’est-ce pas là une démonstration des plus explicites du peu de considération de ce gouvernement de la CAQ envers les femmes, qui représentent près de 80 % de la main-d’œuvre des secteurs de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation ? Vous n’êtes pas convaincus ? Saviez-vous que la première utilisation de la récente Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, votée par la CAQ pour s’ingérer dans les négociations collectives au profit des employeurs, est actuellement débattue devant le Tribunal administratif du travail? Et qui sont les premières victimes? Les éducatrices du CPE Le Jardin de Robi, à Roberval. En effet, le 6 février dernier, le ministre du Travail, Jean Boulet, a utilisé son nouveau pouvoir pour la première fois à l’encontre de femmes qui luttent pour améliorer leurs conditions de travail. Pourtant, les occasions n’ont pas manqué auparavant. Ces deux exemples démontrent qu’il reste encore du chemin à parcourir pour que les femmes du Québec puissent bénéficier des mêmes considérations et des mêmes droits que les hommes. Servons-nous de cette journée du 8 mars pour nous en rappeler et pour poursuivre le combat. Les syndicats concernés par le projet de loi 101 sont actuellement en contestation de la loi devant la cour supérieure du Québec. Voir le communiqué ici : https://ftq.qc.ca/contestation-de-la-loi-28-les-organisations-syndicales-denoncent-une-discrimination-envers-les-travailleuses-du-quebec/ Pour suivre le dossier du CPE Le jardin de Robi au tribunal administratif du travail c’est ici : https://www.tat.gouv.qc.ca/menu-utilitaire/actualites/demande-dassujettissement-du-cpe-le-jardin-de-robi-pour-le-maintien-des-services-assurant-le-bien-etre-de-la-population-le-tribunal-convoque-les-parties-en-audience
2025 : 26 964 employés du réseau en arrêt de maladie

Que vaut la bonne santé des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux? Le rapport publié sur le tableau de bord du ministère de la Santé et des Services sociauxi, en date du 27 décembre 2025, indique que 26 964 employés du réseau sont en arrêt de travail pour invalidité (CNESST ou autres). En extrapolant à partir d’un salaire moyen annuel de 68 000 $, cela représente plus de 1,8 milliard de dollars en coûts liés à ce niveau élevé d’arrêts de travail pour invalidité et ce, sans même tenir compte des soins et des services qui ne sont pas rendus à la population. Cela correspond à 2 634 employés de plus en arrêt de travail pour maladie depuis la création de Santé Québec, soit une hausse de 10,83 % en un an. Les absences pour invalidité touchent désormais 7,8 % des travailleurs du réseau, soit près du double de la moyenne québécoise de 4,3 %, selon le taux d’inactivité lié à une maladie ou à une incapacité publiée par Statistique Canada pour l’année 2024ii. Pendant ce temps, ce même tableau de bord indique une baisse de 2 746 personnes à l’emploi de Santé Québec sur la même période d’un an. Il est désolant de constater que, malgré la mission du réseau de la santé et des services sociaux de prendre soin de la population, lorsqu’il est question de prendre soin de ses propres employés, Santé Québec fait piètre figure. C’est la parfaite illustration de la théorie du cordonnier mal chaussé. Il est d’autant plus surprenant d’entendre la PDG de Santé Québec, madame Geneviève Biron, affirmer à l’émission Le Bilan, le 12 janvier 2026 à LCNiii, que la situation est « stable », « sous contrôle » et qu’il n’y a « pas d’augmentation fulgurante », alors que les chiffres démontrent clairement l’inverse. Au total, ce sont plus de 5 300 employés de moins pour desservir une population québécoise pourtant en constante croissance. Si la direction de Santé Québec demeure dans le déni et que rien n’est fait rapidement pour freiner ce cercle vicieux, la situation risque de s’aggraver au cours des prochains mois et des prochaines années. Lorsque la surcharge de travail devient insoutenable en raison du manque chronique de personnel, ce n’est pas une gestion agressive des absences, ni par le service de la présence au travail ni par la direction des ressources humaines, qui réglera le problème. Il faut plutôt des embauches réelles, de meilleures conditions de travail, une réduction de la surcharge, ainsi qu’une véritable reconnaissance de l’importance de la santé physique et mentale des travailleuses et des travailleurs, en faisant de la prévention une priorité opérationnelle. Patrick Hallé ihttps://app.powerbi.com/viewr=eyJrIjoiOTFmZjc4NzAtMTBkMS00OTE5LWE4YjQtZTIzOTc5NDZjNmZlIiwidCI6IjA2ZTFmZTI4LTVmOGItNDA3NS1iZjZjLWFlMjRiZTFhNzk5MiJ9 ii Tableau 14-10-0390-01 Absence du travail chez les employés à temps plein, données annuelles, inactif DOI : https://doi.org/10.25318/1410039001-fra iii https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/12/financement-en-sante-les-besoins-sont-tres-grands-quasi-illimites-affirme-la-pdg-de-sante-quebec
2025: 26,964 network employees on sick leave

Is the good health of health and social service workers a priority? The report published by the Ministry of Health and Social Servicesi, dated December 27, 2025, indicates that 26,964 employees of the network are on sick leave due to disability (CNESST or other agencies). Using an average annual salary of $68,000, this represents more than $1.8 billion in costs related to this high level of disability-related work stoppages, not considering the care and services that are not provided to the population. This corresponds to 2,634 more employees on sick leave since the creation of Santé Québec, an increase of 10.83% in one year. Disability-related absences now affect 7.8% of workers in the network, nearly double the Quebec average of 4.3%, according to the inactivity rate related to illness or disability published by Statistics Canada for the year 2024ii. Meanwhile, the site also indicates a reduction of 2,746 people employed by Santé Québec over the same one-year period. It is sad to note that, despite the mission of the health and social services network to take care of the population, when it comes to taking care of its own employees, Santé Québec cuts a poor figure. This is the perfect illustration of the theory of the poorly shod shoemaker. It is all the more surprising to hear the CEO of Santé Québec, Ms. Geneviève Biron, say on the program Le Bilan, on January 12, 2026 on LCN,iii that the situation is « stable », « under control » and that there is « no dramatic rise », when the figures clearly show the opposite. In total, there are about 5,300 fewer employees serving a constantly growing Quebec population. If Santé Québec’s management remains in denial and nothing is done quickly to curb this vicious circle, the situation is likely to worsen in the coming months and years. When the work overload becomes unsustainable due to chronic staff shortages, it is not an aggressive management of absenteeism, neither by the attendance department nor by the human resources department, that will solve the problem. Instead, we need to hire more personnel, with better working conditions, reduce the overwork, and recognize the importance of the workers’ physical and mental health, by making prevention an operational priority. Patrick Hallé ihttps://app.powerbi.com/viewr=eyJrIjoiOTFmZjc4NzAtMTBkMS00OTE5LWE4YjQtZTIzOTc5NDZjNmZlIiwidCI6IjA2ZTFmZTI4LTVmOGItNDA3NS1iZjZjLWFlMjRiZTFhNzk5MiJ9 ii Table 14-10-0390-01 Absence from work among full-time employees, annual, not in the labour force DOI : https://doi.org/10.25318/1410039001-fra iii https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/12/financement-en-sante-les-besoins-sont-tres-grands-quasi-illimites-affirme-la-pdg-de-sante-quebec
Lobbying du GTISSS à l’Assemblée Nationale

Le 17 février 2026, notre présidente par intérim du CPAS, madame Sonia Bureau, a participé à l’activité de lobbying à l’Assemblée nationale du Québec tenue par le Groupe de travail intersyndical en santé et services sociaux (GTISSS). Le GTISSS regroupe plusieurs organisations syndicales telles que : l’APTS, la FSSS-CSN, la FP-CSN, la CSQ, le SCFP-FTQ, le SQEES-FTQ, la FIQ et le SPGQ. Cette action s’inscrit dans un contexte critique envers Santé Québec et vise à dénoncer la centralisation et la privatisation croissantes du réseau de la santé et des services sociaux. Selon un sondage Léger réalisé en décembre 2025 pour le GTISSS : • 77 % des Québécois jugent que le réseau fonctionne mal ; • 54 % appuient l’abolition de Santé Québec, perçue comme « un monstre bureaucratique ». Voici les quatre axes des revendications intersyndicales : 1. Une assurance médicaments publique et universelle Les régimes privés coûtent 35 % plus cher que le régime public à consommation équivalente. L’intersyndicale réclame un régime entièrement public et universel afin de réduire les coûts et d’assurer un accès équitable. 2. La décentralisation et la revalorisation des CLSC Le GTISSS plaide pour que les CLSC redeviennent la principale porte d’entrée du réseau. Dans cette optique, il réclame : 1- La nationalisation des groupes de médecine de famille (GMF) ; 2- La nationalisation des cliniques privées. Selon le sondage Léger, 91 % de la population est favorable à la revalorisation des CLSC. 3. Des services à domicile (SAD) publics et renforcés L’intersyndicale souhaite orienter davantage les soins vers les services publics, notamment par les CLSC, afin que les professionnels du réseau assurent les soins à domicile plutôt que de recourir au privé. 4. La souveraineté numérique Le GTISSS réclame que les données de santé et les systèmes d’information du réseau soient entièrement sous contrôle public. L’argument est clair : 72 % des Québécois n’ont pas confiance envers des entreprises étrangères pour gérer les systèmes informatiques du réseau de la santé. Enfin, Madame Bureau mentionne avoir été bien accueillie et écoutée par les différents députés de l’opposition rencontrés (Joël Arseneau (PQ), Ruba Ghazal (QS) et Linda Blais (PLQ)) : « L’intersyndicale a bien fait valoir ses positions communes dans l’intérêt du réseau, des membres que nous représentons et de l’ensemble de la population. »