8 mars – L’égalité hommes-femmes, du chemin à faire

À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, il est essentiel de rappeler que les luttes pour les droits des femmes sont toujours d’actualité.  D’autant plus qu’en 2026, ce sont encore les femmes qui paient le prix des décisions politiques du gouvernement de la CAQ de François Legault.

La discrimination envers les travailleuses de la santé et de l’éducation en vertu de la Loi 28 (projet de loi 101)

 En 2021, le gouvernement adopte la nouvelle Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST).  Historiquement, les travailleuses du réseau de la santé étaient exclues des mesures de prévention en santé et sécurité du travail. La loi devait réparer cette injustice et leur permettre de bénéficier des mêmes protections que l’ensemble des autres travailleurs du Québec, en fonction du niveau de risque.

À titre d’information, les travailleuses en centres d’hébergement, en hôpitaux ou en soins infirmiers sont classées au niveau 4 selon le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement, soit le niveau le plus élevé, équivalent à celui des industries de fabrication au Québec.

Afin d’illustrer ce que cela représente en coûts pour la CNESST, voici quelques extraits de la table des taux pour 2026 :

  1. Le taux moyen pour l’ensemble des employeurs du Québec est de 1,54 $ par tranche de 100 $ de masse salariale.
  2. Les CHSLD ont un taux général de 4,46 $ par tranche de 100 $ de masse salariale. Cela représente un niveau de risque plus élevé que celui des travailleurs du secteur de l’entretien et de la construction des routes (pavage, garde-fous, etc.), qui est de 3,72 $ par tranche de 100 $.

Or, en 2025, le ministre Boulet fait volte-face et décide de retirer ces mesures de prévention aux travailleuses des réseaux de la santé et de l’éducation avec l’adoption de la nouvelle Loi 28 (projet de loi 101).  Cette loi réduit considérablement le rôle du comité paritaire en santé et sécurité du travail ainsi que celui de l’agent de prévention.  Elle diminue également de façon drastique le temps minimal octroyé aux représentantes et représentants en SST pour accomplir leur travail.

Par exemple, dans un établissement comptant 500 travailleuses, pour une représentante en SST, le nombre minimal d’heures allouées passe de 91 heures par mois à 68 heures par trois mois.

La décision du ministre est d’autant plus troublante lorsqu’on considère qu’environ 30 % des accidents du travail reconnus par la CNESST au Québec proviennent des secteurs de la santé et de l’éducation, alors que ces travailleuses ne représentent que 12 % de l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise.

Autre fait à noter : ce même gouvernement a conservé intégralement les mesures de prévention prévues à la LMRSST et au règlement pour les employés de l’État québécois dans d’autres secteurs à prédominance masculine.

N’est-ce pas là une démonstration des plus explicites du peu de considération de ce gouvernement de la CAQ envers les femmes, qui représentent près de 80 % de la main-d’œuvre des secteurs de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation ?

Vous n’êtes pas convaincus ?

Saviez-vous que la première utilisation de la récente Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, votée par la CAQ pour s’ingérer dans les négociations collectives au profit des employeurs, est actuellement débattue devant le Tribunal administratif du travail?

Et qui sont les premières victimes? Les éducatrices du CPE Le Jardin de Robi, à Roberval.

En effet, le 6 février dernier, le ministre du Travail, Jean Boulet, a utilisé son nouveau pouvoir pour la première fois à l’encontre de femmes qui luttent pour améliorer leurs conditions de travail.  Pourtant, les occasions n’ont pas manqué auparavant.

Ces deux exemples démontrent qu’il reste encore du chemin à parcourir pour que les femmes du Québec puissent bénéficier des mêmes considérations et des mêmes droits que les hommes.  Servons-nous de cette journée du 8 mars pour nous en rappeler et pour poursuivre le combat.

Les syndicats concernés par le projet de loi 101 sont actuellement en contestation de la loi devant la cour supérieure du Québec. Voir le communiqué ici : https://ftq.qc.ca/contestation-de-la-loi-28-les-organisations-syndicales-denoncent-une-discrimination-envers-les-travailleuses-du-quebec/

Pour suivre le dossier du CPE Le jardin de Robi au tribunal administratif du travail c’est ici : https://www.tat.gouv.qc.ca/menu-utilitaire/actualites/demande-dassujettissement-du-cpe-le-jardin-de-robi-pour-le-maintien-des-services-assurant-le-bien-etre-de-la-population-le-tribunal-convoque-les-parties-en-audience

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