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La FTQ dénonce l’abolition du CSBE — Une volonté d’étouffer la dissidence

Une lettre écrite par Daniel Boyer, Président de la FTQ et paru dans La Presse le 2 avril 2016.

M. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous faire part de notre indignation quant à l’abolition du Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE). La FTQ s’inquiète de la décision du gouvernement et l’invite à revoir sa position.

Nous ne pensons pas qu’il soit sage de priver les parlementaires et la population du Québec d’un organisme indépendant qui permet d’éclairer les débats et d’orienter la prise de décisions vers un renforcement du système de santé et des services sociaux afin de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population québécoise.

Contrairement à ce que vous affirmez, cette décision n’est pas d’ordre purement économique.

Le budget annuel du CSBE avoisine les 2,7 millions de dollars. Si vous désirez réellement réaliser des économies dans le système de santé, nous vous suggérons l’instauration d’un régime public et universel d’assurance médicaments. Au lieu d’économies de bouts de chandelle, l’on pourrait réduire de plusieurs milliards les dépenses en médicaments au Québec.

Cette décision participe plutôt à un mouvement, tel que celui amorcé par le projet de loi 10, en faveur d’une centralisation excessive et d’une volonté d’étouffer la contestation et la dissidence. Vous éliminez un autre contre-pouvoir qui peut apporter un éclairage différent du vôtre. Le caractère antidémocratique de cette décision semble encore plus évident lorsque l’on examine de plus près la mission du CSBE.

Pour les parlementaires, le CSBE constitue une source indépendante de renseignements qui permet d’évaluer la performance du réseau et de proposer des solutions innovantes. Pour la population, le CSBE fournit une information de qualité permettant de mieux comprendre les enjeux du système de santé. De plus, le Commissaire recueille et transmet les préoccupations des citoyennes et des citoyens ainsi que leurs perceptions du réseau. Nous doutons que le ministère de la Santé et des Services sociaux et l’INESSS, qui seront dorénavant responsables des missions du CSBE, aient l’impartialité et l’indépendance nécessaires pour s’acquitter convenablement de ces tâches.

Pour ces raisons, nous vous demandons de revenir sur votre décision d’abolir le Commissaire à la santé et au bien-être.

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Photo: Clément Allard